La
jetée du terminal 2E de l’aéroport de Roissy
à nouveau ouverte dès
dimanche, quatre ans après l’effondrement partiel
de sa toiture sous laquelle quatre personnes sont
décédées. Une charpente métallique
à remplacé l’ancienne
voûte de béton, et soutient la couverture de verre
sérigraphié.
Marc Fidelle,
architecte principal de la nouvelle jetée
Nous souhaitions changer l’ambiance
tout en conservant la géométrie générale
du bâtiment, pour répondre à une double demande
des passagers : plus de lumière naturelle et la possibilité de
voir les avions.
Le choix de conserver la verrière s’est vite imposé comme
une évidence, autant pour des raisons esthétique,
qu’économique
et écologique. Quant au choix du matériau qui habille
l’intérieur
de la jetée, le bois, et plus particulièrement
l’essence
de frêne, il s’est également
imposé rapidement : il apporte à la fois chaleur,
clarté et vie dans la
jetée.
Marie-Laure
Kepeklian, directeur de projet
«Moins
de deux ans de travaux ont été nécessaires
pour reconstruire entièrement cette salle d’embarquement
du Terminal 2E, dans le respect des coûts et des délais.
Le chantier a mobilisé en permanence plus de 500 personnes,
et a eu la particularité de progresser en continu d’Ouest
en Est, afin de maintenir en exploitation 7 des 10 postes avions
le long de la jetée.»
Le
chantier étape par étape
• Les
déposes préliminaires (mai 2006 - décembre
2006)
L’objectif de l’opération était
de récupérer le maximum d’éléments,
dans un souci
de développement durable, de réduction des délais
et d’économies. Ont ainsi
pu être conservés certains ouvrages de second oeuvre
(garde-corps, revêtement
en maille inox…), le système de climatisation,
les éléments d’éclairage, des
équipements électriques (sonorisation) etc.
• La dépose
de la verrière
(juillet 2006 - mars 2007)
Cette dépose
s’est réalisée à l’aide
de ventouses depuis le tarmac.
Les 9 300 panneaux de la verrière ont été inventoriés
et stockés dans un hangar de 5 000 m2 construit à cet
effet à 5 kilomètres
du chantier, en attente de leur repose.
Avancement = 70m (1 zone) par mois
•
La déconstruction
et le recyclage du béton (septembre 2006 - avril 2007)
La déconstruction a consisté à déposer
les 152 arcs en béton du bâtiment d’Ouest
en Est à raison d’un par jour. Chaque arc (de
4m de large et d’environ 100 tonnes) a été scié en
trois coques.
Les coques démontées ont ensuite été «croquées»,
puis concassées hors site. Ainsi recyclé, ce
béton
pourra être utilisé pour d’autres
projets (travaux de chaussée par exemple).
• Pose de la charpente
métallique (février 2007
- octobre 2007)
La structure métallique a été principalement
choisie pour sa simplicité, sa robustesse et sa légèreté :
la nouvelle toiture sera ainsi environ 6 à 7 fois plus
légère que l’ancienne. Les 152 arcs de
la charpente métallique ont été livrés
en 4 éléments, assemblés par moitié au
sol, avant d’être posés puis boulonnés
entre eux. Ces 2 800 tonnes de charpente sont ancrées
sur la poutre de rive métallique.
• Repose de la verrière
(avril 2007 - décembre
2007)
9 mois environ ont été nécessaires pour
reposer les 33 000 m2 de verrière et panneaux inox.
•
Pose de l’habillage
bois, finitions et second oeuvre (juillet 2007 – mars
2008)
Dès qu’une zone du bâtiment était
hors d’eau (verrière reposée sur 70m),
la pose des 18 000 m2 d’habillage bois pouvait commencer.
Ces panneaux sont fixés à la charpente métallique.
Après
la pose de l’habillage bois, tous les lots
techniques et de second oeuvre se sont succédés
(électricité,
climatisation, repose des garde-corps, pose de la moquette…).
Efficacité énergétique
et écocertification
•
Une consommation énergétique maîtrisée
L’architecture
même du bâtiment – verrière,
puits de lumière –, en faisant la
part belle à la lumière naturelle, permet de réaliser
d’importantes économies
d’énergie.
Qualités d’isolation, climatisation «intelligente» et
renouvellement optimisé de
l’air ambiant, tout contribue à l’efficacité énergétique
du bâtiment.
• Du bois «écocertifié»
La luminosité arrive en tête des attentes exprimées
par les passagers d’où la volonté d’Aéroports
de Paris de faire entrer un maximum de lumière naturelle
dans la jetée. Celle-ci est couverte de 33 000 m2 de panneaux
de verre sérigraphié qui
filtrent en partie les rayons du soleil tout en laissant les
passagers apprécier une très belle vue sur les
pistes et les avions. Les extrémités
de la jetée, larges verrières verticales,constituent
deux véritables belvédères aménagés
en espaces de repos.
Source Aéroport de Paris |
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