Manifestation
triennale, organisée à l’initiative du
Ministère de la Culture et de la Communication, LA FORCE
DE L’ART a pour ambition d’offrir une scène à la
création contemporaine en France et aux artistes qui
l’animent, dans la diversité de leurs origines
et de leurs choix esthétiques. Pour cette seconde édition,
l’architecte et scénographe Philippe Rahm a imaginé un
environnement architectural, à mi-chemin entre village
et paysage, offrant au visiteur les conditions d'une expérience
poétique directe et toujours singulière, un écosystème
appauvri, sans couleur ni variété, l’occasion
d’une découverte de la puissance créative
de l’art.
Philippe Rahm est né en 1967. Architecte diplômé de
l’école Polytechnique de Lausanne depuis 1993,
il a participé à un grand nombre d’expositions
dans le monde entier (Archilab 2000, SF-MoMA 2001, Musée
d’art moderne de la ville de Paris 2001, Tirana Biennial
2001, Valencia Biennial 2003, CCA Kitakyushu 2004, Mori art
museum 2005, Frac centre, Orléans, Centre Pompidou,
Beaubourg 2003, 2005 et 2007, Kunsthaus Graz 2006). Résident à la
Villa Medicis à Rome en 2000, il est aujourd’hui
professeur à l’ECAL (l'Ecole Cantonale d'Art
de Lausanne) en Suisse, et dirige un atelier de Master à l’Ecole
de Paris-Malaquais. En 2008, il fut également l’un
des quinze architectes sélectionnés par Aaron
Betsky pour la 11e Biennale d’Architecture de Venise.
Paysage abstrait entièrement blanc, microclimat sans
vent ni chaleur ni pluie, réduit au seul élément
de la lumière tombant de la nef et devenant presque
solide en épousant les contours d'une froide géologie
blanche, le temps est comme suspendu dans une attente sereine,
offert uniquement à l'efflorescence vivante et colorée
des œuvres.
Sculpté en fonction des besoins intrinsèques à la
présentation des œuvres, cet environnement architectural, à mi-chemin
entre village et paysage, offre au visiteur les conditions
d'une expérience poétique directe et toujours
singulière, l’occasion d’une découverte
de la puissance créative de l’art.
Au lieu d'un réceptacle préconstruit recevant
les œuvres, ce sont les conditions objectives de l'exposition
des formes qui, déformant la cimaise dans les trois
dimensions de l'espace, y impriment la marque de leur relief
propre. Au sein de cette géologie blanche, chaque œuvre
ou ensemble d’œuvres, chaque installation, chaque
intervention d'artiste occupe un volume adapté à ses
caractéristiques objectives.
Il s’agissait pour l’architecte scénographe
de créer un volume dans l’espace et de mettre
en place un processus : « à chacune des œuvres
d’art est donné un même espace et un même
volume au départ. Puis, en fonction de leurs dimensions
et de la distance nécessaire entre elles et l’observateur,
elles vont commencer à se pousser les unes les autres
dans un mouvement similaire à celui de la tectonique
des plaques. En fonction de leur poids et de la quantité de
lumière exigée, elles vont déformer la
surface, la creuser, la gonfler, y faire surgir des hauteurs.
Un paysage blanc apparaît, le « White cube » se
déplie, sur lequel les formes et les matières
des œuvres d’art se détachent et se mettent
en valeur.
Passant d'un site à un autre, sans autre règle
qu'un hasard objectif généré entre les œuvres
par leur puissance tectonique, au gré d'une libre déambulation
empruntant des chemins et des entrées multiples, le
visiteur va d'étonnement en surprise, d'associations
libres en révélation.
Grand Palais du 24 avril
au 1er juin 2009
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